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Rentrée 2017 : 4 mesures pour bâtir l'École de la confiance
Brève - Jean-Michel Blanquer - 13/06/2017

Dédoubler des classes de CP en REP+

Le Président de la République a fait le choix de combattre la difficulté scolaire dès les premières années de l'école et en soutenant les élèves les plus fragiles. Cela se traduit par le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans l'éducation prioritaire.

Pourquoi dédoubler les classes de CP en REP+ ?

Il faut agir à la racine pour combattre la difficulté scolaire, c'est-à-dire dès les premières années des apprentissages fondamentaux (CP et CE1). À la rentrée 2017, le choix est de concentrer l'effort là où c'est le plus nécessaire : dans les classes de CP des REP+. L'objectif global dans lequel s'inscrit cette mesure est "100% de réussite en CP" : garantir, pour chaque élève, l'acquisition des savoirs fondamentaux - lire, écrire, compter, respecter autrui. À la rentrée 2018, les classes de CP en REP et de CE1 en REP+ et REP seront également dédoublées. C'est la mesure la plus importante prise en faveur de l'éducation prioritaire depuis la création des Zep en 1981.

Combien de classes sont-elles concernées ?

Près de 2 500 classes seront dédoublées. Un peu plus de 2 500 postes seront redéployés.

Comment mettre en place cette mesure dès cette rentrée ?

L'objectif est de dédoubler les CP en REP+, dès le mois de septembre prochain :

  • Là où les locaux le permettent les classes de CP seront dédoublées.
  • Là où les locaux ne le permettent pas, deux enseignants interviendront, en petits groupes, dans la même salle de classe.
  • Là où c'est possible, des premiers dédoublements auront lieu également en REP dès la rentrée 2017.

Que va devenir le dispositif "Plus de maîtres que de classes" ?

Le dédoublement des classes de CP en REP+ ne signifie pas la suppression du dispositif "Plus de maîtres que de classes". Hors REP+, ce dispositif va être recentré sur les niveaux CP/CE1 pour lesquels il a été créé. Les deux dispositifs seront évalués durant l'année scolaire 2017-2018.

L'enjeu majeur c'est la qualité de la pédagogie déployée dans ces classes

Les professeurs bénéficieront d'une formation adaptée à ce nouveau contexte d'enseignement. Fin juin, un séminaire national réunissant les Inspecteurs de l'Éducation nationale impliqués permettra de poser les jalons d'une formation solide pour ces professeurs.

Est-ce que la science prouve l'efficacité de ce dispositif ?

Pour être réellement efficace, la réduction de la taille de classe doit être importante pour conduire à un nombre d'élèves bien inférieur à 20. Une étude de terrain incontestable réalisée par Pascal Bressoux et Laurent Lima, "La place de l'évaluation dans les politiques éducatives : le cas de la taille des classes à l'école primaire en France", montre que les effets du dédoublement sont massifs pour la réduction de la grande difficulté scolaire. Cette étude a été menée en conditions réelles et à grande échelle (100 classes de ZEP dédoublées et 100 classes témoin).

Ce dispositif a-t-il été tenté dans d'autres pays ? Avec quels résultats ?

Oui, cela a été testé ailleurs, avec des résultats très proches, ce qui est très encourageant. Il y a déjà longtemps aux Etats-Unis, avec une étude qui a fait date, le projet STAR (Student Teacher Achievement Ratio). Plus récemment au Danemark.

Adapter les rythmes scolaires

Au cours de la campagne présidentielle, le Président de la République a indiqué qu'il souhaitait redonner de la liberté dans l'organisation des rythmes scolaires.

L'objectif premier est de donner aux acteurs de terrain davantage de souplesse dans l'organisation de la semaine scolaire afin de répondre le mieux possible aux singularités de chaque contexte local, dans le souci constant de l'intérêt des enfants.

Quelles possibilités offertes aux acteurs ?

L'approche proposée offre des possibilités nouvelles aux acteurs locaux sans rien retrancher à celles qui existent actuellement :

  • Là où les communautés éducatives et les communes sont satisfaites de l'organisation actuelle, elles pourront tout à fait continuer à fonctionner selon les mêmes modalités.
  • Là où émerge un consensus local entre conseils d'école, municipalité et Inspecteur d'académie en faveur d'une autre organisation, une dérogation aux cadres existants sera possible. Ces évolutions pourront intervenir à la rentrée 2018. Là où les acteurs sont prêts, des expérimentations pourront avoir lieu dès la rentrée prochaine.

Qui va prendre la décision ?

Toute évolution de la semaine scolaire devra faire l'objet d'un consensus local :

  • Saisine conjointe d'une commune ou d'un établissement public de coopération intercommunale et d'une majorité de conseils d'école.
  • Les services académiques pourront alors décider d'autoriser - ou non - des adaptations. Ces autorisations seront accordées sur la base de la cohérence des apprentissages et donc de l'intérêt de l'enfant.

Quel calendrier ?

Le calendrier est celui qui conviendra le mieux aux acteurs de terrain. L'idée est de permettre les premières expérimentations à la rentrée 2017, là où des consensus locaux émergent. D'autres évolutions pourront intervenir aux rentrées suivantes, après concertation locale.

Existe-t-il des études sur les impacts de la journée de 4 jours ou de 4,5 jours sur l'apprentissage des enfants ?

Les études montrent que les effets de l'aménagement du temps scolaire - sur 4 jours ou 4,5 jours - sont négligeables, voire nuls, sur les résultats des élèves. Mais, conformément à la méthode retenue, une évaluation scientifique des différentes modalités d'organisation du temps scolaire sera conduite durant l'année scolaire 2017-2018.

Aménager la réforme du collège

Au cours de la campagne présidentielle, le Président de la République a indiqué qu'il souhaitait redonner de la liberté dans l'organisation des enseignements au collège. Aujourd'hui, le collège n'arrive pas à corriger suffisamment les inégalités apparues dès l'école primaire.

Pourquoi aménager la réforme du collège ?

La réforme du collège est loin de faire l'unanimité. Nous souhaitons donner davantage de souplesse aux équipes pédagogiques dans l'organisation de leurs enseignements pour qu'elles puissent s'adapter aux besoins des élèves et porter le développement d'identités pédagogiques spécifiques pour leurs établissements.

Quel est le calendrier ?

Un arrêté modificatif va permettre aux collèges qui le souhaitent de s'organiser dès la rentrée 2017. Il ne s'agit pas d'une date couperet et les collèges pourront modifier l'organisation de leurs enseignements à la rentrée 2018 ou aux rentrées suivantes. Les collèges qui se satisfont de l'organisation actuelle pourront bien sûr la conserver.

Faut-il revenir sur la réforme dans son entier ?

Certains aspects de la réforme du collège, comme l'interdisciplinarité, la marge de manœuvre laissée aux établissements pour organiser les enseignements, l'enseignement d'une seconde langue vivante dès la classe de cinquième vont dans le bon sens et seront maintenus. Cependant, cette réforme contenait des aspects qui contredisaient les objectifs poursuivis : la suppression, de manière verticale, de dispositifs qui fonctionnaient bien, comme les classes bilangues, les sections européennes et un véritable enseignement de latin et de grec. On a prétendu un peu rapidement que ces enseignements excluaient une partie des élèves alors qu'ils permettaient aussi de rendre plus attractifs des collèges qui ne l'étaient pas assez.

Et que deviennent les EPI (Enseignements pratiques interdisciplinaires) ?

Le carcan des thèmes imposés (6 obligatoires sur 8 proposés) pour les EPI est levé pour donner davantage de souplesse aux acteurs et leur permettre de faire le choix d'EPI plus adaptés à leur projet d'établissement.

Les collèges auront-ils le choix ?

Les collèges qui veulent garder l'organisation pédagogique actuelle le pourront. Les établissements qui souhaitent faire évoluer l'organisation pour mettre en place un véritable enseignement de latin et de grec, développer les classes bilangues ou les sections européennes, pourront le faire.

Cela ne va-t-il pas entraîner des inégalités entre les collèges ?

Aujourd'hui, le système scolaire français est le plus inégalitaire de toute l'OCDE ; il faut sortir du mythe d'une uniformité qui garantirait l'égalité. L'autonomie est une bonne chose dès lors qu'elle signifie liberté et confiance aux acteurs de terrain pour régler les difficultés des élèves. Demain, les équipes et leur chef d'établissement auront davantage de souplesse dans l'élaboration de leur projet pédagogique, en contrepartie d'une responsabilisation accrue et d'une évaluation plus régulière. L'autonomie, c'est aussi réaffirmer la place de l'État : se concentrer davantage sur la définition du cadre national et la vérification de l'atteinte par tous des objectifs fixés, que sur une volonté de gestion du moindre détail.

Instaurer le programme "devoirs faits"

Au cours de la campagne présidentielle, le Président de la République a indiqué qu'il souhaitait offrir à tous les élèves un accompagnement après la classe. Le travail personnel est important pour la réussite de la scolarité. Pourtant, les devoirs sont une source d'inégalité entre les enfants et pèsent souvent sur la vie de famille. Le programme "devoirs faits" va répondre à ce problème en proposant aux élèves des études dirigées après la classe.

Pourquoi se préoccuper des devoirs ?

Il est évidemment nécessaire d'assurer l'accompagnement des élèves à l'école primaire et au collège. Jusqu'à aujourd'hui, il y a une querelle stérile entre ceux qui affirment que :

  • les devoirs sont indispensables à une qualité de l'apprentissage ...
  •  ... et ceux qui y voient un risque d'accroissement des inégalités sociales.

Les deux ont évidemment raison. Chaque enfant doit travailler individuellement, au calme, pour faire ou refaire des exercices, apprendre ou réapprendre ses leçons, exercer sa mémoire, travailler son sens de l'analyse.

Que peut-on proposer ?

Dépasser cette querelle demande une ligne claire : il peut y avoir des devoirs ; ils doivent pouvoir être faits, gratuitement et si les familles en formulent la demande, au sein de l'établissement grâce à un temps d'études accompagné.

Quel est le calendrier ?

Dès la rentrée 2017, le programme "devoirs faits" entrera en vigueur en collège. Il sera proposé aux élèves, sur le principe du volontariat. Il sera gratuit pour les familles. Son déploiement dans les écoles et les collèges sera progressif sur les rentrées 2018, 2019 et 2020. L'objectif est de s'appuyer sur les expériences qui fonctionnent, notamment dans l'éducation prioritaire, et de mobiliser l'ensemble des acteurs susceptibles de concourir à cette ambition :

  • enseignants volontaires rémunérés en heures supplémentaires ;
  • réorientation de l'action des assistants d'éducation au collège ;
  • recours au service civique et aux associations qui interviennent déjà sur ce champ (via une labellisation par ministère de l'Éducation nationale) ;
  • mobilisation de retraités et d'étudiants ;
  • mobilisation de la réserve citoyenne de l'Éducation nationale.

Source : Eduscol.

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