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Les sanitaires dans les écoles et les établissements scolaires

Si vos enfants vont très vite aux toilettes dès leur retour à la maison, s’ils se plaignent de mal au ventre, surtout les jours d’école, s’ils vous disent que d’autres les embêtent au moment du passage aux toilettes, s’ils affirment que ça sent mauvais, que c’est pas propre, qu’ils ne veulent pas y aller…

Ne vous taisez pas ! Ces questions sont importantes pour le bien-être, la santé, la scolarité.

Parents délégués dans les conseils d’école ou conseils d’administrations des collèges et lycées, ces questions doivent être posées officiellement et trouver réponses et solutions.

Tout est à considérer : qualité de la construction, aménagement pour le respect de la tranquillité et de l’intimité, distribution du papier, nettoyages, surveillance, lieux pour boire, se laver les mains, éducation et implication des enfants.

Les échanges d’information entre toutes les personnes responsables sont essentiels (mairie, personnel d’entretien, enseignants, parents, enfants).

Les délégués FCPE ont toute leur place dans des discussions sereines pour obtenir toutes les améliorations nécessaires, lors des conseils d’école, des conseils d’administration des collèges et lycées, des comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC).

En 2007, l’Observatoire National de la sécurité et de l’accessibilité des établissements scolaires a publié dans son rapport annuel un dossier sur les sanitaires à l’école. Ce rapport est toujours d’actualité.

Il rappelle en 2014 (p.151) que l’hygiène dans les sanitaires des établissements scolaires est un sujet de santé publique qui concerne aussi bien les collectivités propriétaires des établissements que les représentants de l’éducation nationale exploitant les bâtiments, les parents d’élèves et bien entendu les élèves. L’équipement, l’état de fonctionnement des différentes installations scolaires et les personnels chargés de l’entretien des locaux relèvent de la compétence des collectivités territoriales. Il leur incombe d’organiser une surveillance attentive de la situation des locaux, des installations et des matériels, notamment sous la forme de visites régulières, et de veiller au bon état des lieux, en lien avec l’équipe de direction de l’établissement...

Parmi les outils mis à la disposition des acteurs, la brochure « L’hygiène et la santé dans les écoles primaires » disponible sur le site EduSCOL de la direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) apporte toutes les informations nécessaires pour faciliter la mise en œuvre des règles d’hygiène et de sécurité. Cette brochure consacre une partie importante aux questions d’hygiène, notamment sur les thématiques suivantes :

- l’hygiène individuelle ;

- l’hygiène des locaux :

- les principes de nettoyage et de désinfection,

- les recommandations pour les sanitaires à l’école maternelle et élémentaire, l’entretien des mobiliers, des vestiaires et des matériels de couchage, de motricité et d’éducation physique, la ventilation des salles de classe, les aires de jeux.

      • Mais c’est aussi l’approche éducative qui doit être développée afin de permettre à la communauté éducative de percevoir les enjeux en termes d’hygiène, de respect des personnes et des installations. Il est pertinent de prévoir dans l’établissement un temps de réflexion globale sur la question des sanitaires. Au niveau éducatif, il s’agit de développer chez les élèves la capacité à prendre soin d’eux-mêmes, à respecter les règles de la vie collective et les lieux dans lesquels ils vivent. Cette approche doit être reliée à l’éducation à la santé sur le sentiment d’appartenance à l’établissement qui constitue un des axes favorables à un bon climat scolaire.

Marianne LENOIR, Médecin de l’Éducation Nationale, Docteur en sciences de l’éducation, a projeté, en mai 2014, à la grande halle de la Vilette à Paris, une présentation intitulé : « Les toilettes scolaires, un enjeu de santé publique » soulignant ainsi la pertinence des évaluations de l'ONS.

S'abstenir d'aller aux toilettes n'est pas sans conséquences sur la santé de ces jeunes, principalement parmi la population féminine. Une thèse du Dr Bénédicte Hoarau, indique que "ce sont les filles qui souffrent le plus des troubles recensés : incontinence urinaire, brûlures à la miction et constipation, douleurs abdominales".

Les filles davantage sujettes à des infections urinaires

Se retenir d'aller aux toilettes peut entraîner des troubles urinaires. En effet, "lorsque l'habitude perdure dans le temps, elle peut entraîner une infection urinaire", explique le Dr Amaury de Cassin, médecin généraliste. La plus répandue est la cystite. Les femmes et les petites filles sont en première ligne. Et pour cause, 50% d'entre elles ont souffert d'une cystite au moins une fois dans leur vie. Chez les plus jeunes, ne pas aller aux toilettes est l'un des principaux facteurs. Elle se manifeste par un besoin constant d'aller aux toilettes, des douleurs ou des brûlures lors de la miction (la miction étant l'action d'uriner) et des douleurs au niveau du pubis.

Une cystite peut guérir spontanément, mais si elle est mal soignée ou si elle passe inaperçue, l'infection peut atteindre les reins et entraîner ce que l'on appelle une pyélonéphrite, une grave infection des reins. "C'est le premier organe à être mis en danger par une infection urinaire", explique le Dr Christophe Philippe, pédiatre à l'hôpital Louis-Mounier, à Paris. En effet, les reins filtrent le sang et fabriquent l'urine. Cette dernière est ensuite expulsée dans des conduits de calibre irrégulier, appellés les uretères. Ils partent des reins et descendent jusqu'à la vessie qui stocke l'urine jusqu'à son élimination. "Les infections urinaires à répétition peuvent développer des troubles de la vessie (contractions) et provoquer des fuites urinaires", ajoute le pédiatre.

La constipation : plutôt le mal des garçons

Quant aux hommes, ils sont moins concernés par les infections urinaires. "C'est une question d'anatomie", justifie le Dr Amaury de Cassin, médecin généraliste. "Les garçons présentent une plus grande facilité à uriner quelque soit le lieu, mais ils souffrent davantage de constipation", explique le médecin généraliste. Ce qui peut entraîner des hémorroïdes, et dans certains cas, une incontinence fécale (encoprésie), qui peut imposer une rééducation.

Le rapport annuel précise que "le problème des toilettes n'est pas une fatalité. S'en saisir ne doit pas être tabou, vu les conséquences induites sur la santé et le bien-être des élèves". (extrait de France5, « Allo docteur »)

Les missions des Comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté, créés en 1990 sous le nom de Comités d'environnement social, ont été confirmées par la circulaire n° 98-108 du 1er juillet 1998 ; elles se situent dans la perspective d'une approche globale prenant en compte les besoins de l'élève dans et hors l'école.

Sans attendre, parents, mêlez-vous de la question des toilettes à l’école.

Demandez à voir, à comprendre, exigez des solutions adaptées.

Cette question se pose dans tous établissements scolaires et lieux d’accueil des enfants et des jeunes.

Revendications et pistes de travail préconisées par la FCPE

Le rapport de l’O.N.S dresse le constat des conditions d’hygiène et d’utilisation des toilettes à l’école élémentaire : pour les écoles maternelles, les collège et les lycées, les remarques sont identiques, même s’il n’existe pas de bilan chiffré pour l’instant pour ces établissements scolaires.

La FCPE recommande à tous les parents d’élèves élus aux conseils d’écoles et aux conseils d’administration des collèges et lycées :

  • D’interroger et d’exiger un engagement clair des candidats aux prochaines élections municipales et cantonales sur cette question.

  • De mettre la question des toilettes à l’ordre du jour des conseils d’école et des conseils d’administration au moins une fois par an.

  • De réclamer que la surveillance des toilettes soit intégrée dans le service de récréation en primaire.

  • De demander un nombre de surveillants suffisants dans le secondaire.

  • De vérifier dans le règlement intérieur de l’école / l’établissement l’existence d’un chapitre sur les toilettes et d’en modifier la teneur le cas échéant.

  • La mise à disposition des représentants de parents d'élèves en premier ressort, du document unique d'évaluation des risques professionnels ou DUERP.

Remarque : le CDPE pourra alors avoir la même démarche concernant le règlement intérieur type départemental.

La FCPE est d’accord avec les exigences et les objectifs proposés par l’ONS (détaillés dans le résumé du rapport ci-après). Vous pouvez donc reprendre ces demandes localement.

Par ailleurs, nous demandons que :

  • 1°) la DDAS fixe des normes d’hygiène concernant le nettoyage,

  • 2°) un « guide des bonnes pratiques », engageant l’implication des enfants, soit instauré.

  • 3°) un cahier des charges fixe les normes de construction et d’aménagement des toilettes.

En effet, en matière de normes, les références actuelles sont floues :

  • soient elles s’appuient sur le code du travail (article R.232-2-5), 1WC pour 20 filles, 1 WC pour 40 garçons + 1 urinoir pour 20 garçons.

  • Soient elles se basent sur les indications du règlement sanitaire départemental type relatives aux locaux affectés à l’hébergement collectif (Titre II – chapitre IV – Section II – Article 57), 1 WC pour 10 enfants.

Sanitaires scolaires : les normes à respecter

Voici l'essentiel du contenu des directives et recommandations concernant les constructions scolaires conformément à l'article 5 du règlement sur les constructions scolaires primaires et secondaires (édition juillet 2002) :

Les groupes sanitaires sont répartis en principe sur tous les niveaux et dans chaque bâtiment scolaire.
Chaque installation sanitaire doit comprendre :
- des cabines WC filles et garçons, pouvant être verrouillées ;
- des urinoirs pour les garçons ;
- des lavabos avec accessoires ;
- un vidoir d'étage ;
- des WC maîtres.
Dans les rapports suivants :
- pour trente filles : deux cabines WC et un lavabo ;
- pour trente garçons : une cabine WC, deux urinoirs et un lavabo ;
- pour le personnel enseignant et administratif : une cabine WC et un lavabo pour dix personnes.
Les appareils sont adaptés à la taille des utilisateurs. Ils sont caractérisés par leur robustesse, leur simplicité de fonctionnement et leur facilité d'entretien.
Pour les installations WC, seuls les appareils avec réservoirs sont pris en compte. Les urinoirs sont obligatoirement pourvus d'un système de chasse avec séparations latérales recommandées.
On trouve, dans chaque groupe sanitaire, des linges et des distributeurs de savon. Les linges en papier à jeter et des linges à enroulement automatiques sont recommandés. Une poubelle hygiénique est installée dans chaque cabine WC filles.
Divers niveaux de confort et bases techniques spécifient :
- la température ambiante (18° C) ;
- le renouvellement d'air ;
- l'insonorisation des réseaux de distribution et d'évacuation des fluides.

Nous pensons cependant que les normes sont à différencier en fonction des maternelles et des élémentaires.

Pour vous aider dans vos démarches, nous vous adressons quelques outils :

      • - un questionnement à l’usage des parents et des enfants.

- une check-list pour vérifier l’état des toilettes de l’école. Son objectif est de recenser sur le terrain les problèmes relatifs aux toilettes des élèves afin de réclamer des améliorations aux instances concernées : conseils d’école, conseil d’administration des collèges et lycées, inspecteur d’académie, collectivités locales, personnel d’entretien… Vous pouvez profiter des élections pour « visiter » les toilettes car beaucoup d’écoles servent de bureaux de vote !

      • Rapport annuel de l’ONS 2007 – résumé, 2014

L’enquête porte sur des élèves de CM1/CM2 et sur leurs enseignants. Elle a été recueillie à partir du site internet de l’ONS en 2007, de manière anonyme et sur la base du volontariat. Voici un résumé de l’analyse de cette enquête.

Les constats (réponses des enseignants)

Les caractéristiques

  • La majorité des sanitaires sont principalement de type « cuvette », mais il reste encore des écoles avec des toilettes « à la turque ».

  • Pour plus d’1/4 des écoles, les sanitaires filles/garçons ne sont pas séparés.

  • 4 écoles sur 10 ne sont pas équipées de sanitaires accessibles aux handicapés.

L’équipement des sanitaires

  • Les sanitaires ne sont pas tous équipés de lavabos.

  • Absence de savon (12,8% des écoles interrogées)

  • Absence d’essuie-mains ou de serviettes en papier (9,5% des écoles)

  • Absence de papier toilette

  • Absence de balayettes (55,8%)

  • Absence de poubelle dans les WC filles (76%)

  • Absence de patère (78,6%)

  • Absence de lunette sur la cuvette (44,9%)

L’intimité des enfants n’est pas parfaitement prise en compte : absence de cloisons séparatives de toute hauteur et présence d’un espace important au dessus et/ou au dessous des portes (50% des écoles) et absence de verrous (10%).

L’entretien

  • Nettoyage insuffisant et mauvaises odeurs (16%)

  • Vétusté des lieux (10%)

La sécurité

  • Nombre croissant d’accidents dans les sanitaires de l’école.

  • Manque de surveillance dans ces lieux.

  • Sols souvent glissant (éclaboussures d’eau)

  • Absence de point d’eau en dehors des sanitaires (52,7%)

La perception des toilettes par les élèves

Certains élèves reconnaissent ne pas vouloir aller aux toilettes. Ils soulignent le plus souvent :

- la mauvaise odeur,

- le manque de propreté,

- 14,4% des enfants reconnaissent déjà avoir eu peur dans les toilettes à cause :

- d’une fermeture de porte

- du « voyeurisme » des autres enfants

La santé des élèves

Le rapport établit un lien de cause à effet entre les consultations des enfants pour infections urinaires et les périodes scolaires.

Pour éviter que les enfants, notamment les fillettes, deviennent de futurs incontinents, il faut exiger des établissements scolaires des toilettes propres, insiste l'Association française d'urologie.

Pressées, gênées par le manque de propreté des toilettes à l'école, certaines fillettes ne vident ni assez souvent, ni complètement leur vessie, ce qui peut être à l'origine de fuites et d'infections urinaires entraînant douleurs, brûlures à la miction, envies fréquentes d'uriner, explique le Pr Michel AVEROUS, chef du service d'urologie pédiatrique à l'Hôpital Lapeyronie à Montpellier.

Pour les prévenir, il invite à apprendre aux fillettes "la bonne façon de faire pipi": pour bien vider sa vessie, elle doit être détendue, assise sur le siège, les genoux non entravés par un vêtement, et relâcher son périnée, sans forcer.

En se retenant trop longtemps l'enfant risque aussi de ne plus savoir relâcher son sphincter le moment voulu, obligeant "la vessie à forcer contre cet obstacle", selon le Pr AVEROUS.

En malmenant leur vessie à l'école, les enfants risquent de "se préparer doucement à une future incontinence par impériosité", avec un besoin pressant incontrôlable, préviennent les spécialistes.

"Peu de parents le savent, encore moins les enseignants", regrettent-ils, en soulignant que "trop d'enfants sont obligés de se retenir d'uriner parce qu'ils n'ont pas le droit de sortir de classe ou parce que les toilettes sont sales".

Le Pr AVEROUS, qui reçoit chaque année un millier d'enfants souffrant de fuites ou d'infections urinaires récidivantes (cystites, ou plus graves des pyélonéphrite, lorsque le rein est touché), des fillettes neuf fois sur dix, invite à une prise de conscience.

La fillette a un canal urinaire très court, ce qui l'expose davantage au risque de fuite que le garçon, explique-t-il. Et l'état des WC handicape moins un garçon qui "peut toujours trouver un arbre ou un mur", dit-il.

"Un enfant doit uriner au moins cinq à six fois par jour, en vidant complètement sa vessie, car une vessie qui se vide mal est sujette à infections", explique-t-il, évoquant également le risque de constipation.

La solution est simple : il faut, selon lui, inscrire le pipi dans l'emploi du temps scolaire, prévoir des locaux adaptés et "non un fond de couloir où les mouches tournent en fin de journée". Il insiste aussi sur le besoin d'intimité, y compris en maternelle où sont souvent installés des boxes sans porte ni rideau.

C'est un problème de santé publique, ajoute-t-il, relevant que consultations médicales, analyses biologiques et antibiotiques coûtent cher. »

Les caractéristiques techniques des sanitaires scolaires

« Apparemment nous nous trouvons devant un vide juridique et administratif car il n’existe pas de norme proprement dite sur les caractéristiques des sanitaires scolaires : surface, nombre, équipement. »

Certains s’appuient sur le code du travail, certaines villes ont constitué un cahier des charges (Paris, Montbéliard)

Les objectifs à atteindre

Le respect de l’intimité

- Blocs sanitaires filles/garçons séparés

- Cloisons séparatives de toute hauteur (garde au sol la plus réduite possible ).

- Amélioration des systèmes de verrous

- Veiller à la notion de confort : patère, lunette, poubelle…

La sécurité

  • Revêtement de sols antidérapants

  • Système anti pince-doigts pour les portes

  • Éclairage suffisant et adapté à la fréquentation

  • Surface hors cabine suffisante afin d’éviter bousculades ou engorgement.

La surveillance

  • Facilitée par la distribution des locaux

  • Compatible avec la surveillance de l’extérieur

  • Prévue dans l’organisation des services des écoles, inscrite dans le tableau de surveillance des maîtres et doit faire l’objet d’une mention dans le règlement intérieur.

La propreté

  • Normes de ventilation des locaux respectées ( règlement sanitaire départemental, p. 23 et 24).

  • Fréquence de nettoyage adaptée en fonction de la fréquentation.

« Dans la plupart des cas, le nettoyage une fois par jour n’est pas suffisant. Dans certaines villes, il est effectué au moins deux fois par jour, l’idéal serait qu’il soit réalisé après chaque récréation. » (voir avant)

- Revêtements et matériaux compatibles avec un nettoyage et une hygiène rigoureux.

  • Mise en place d’un protocole précis sur le nettoyage et la décontamination, contrôlé régulièrement. (cf. « Sûreté et entretien des locaux sanitaires », édité par le Centre Technique International Hygiène et Santé).

L’hygiène

- Équiper les sanitaires de papier toilette, de savon, d’un système de séchage des mains, de poubelles spécifiques pour les filles.

- Suppression des toilettes « à la turque » et des serviettes sans fin sur rouleaux.

- La question sur le maintien des urinoirs est posée.

L’éducation

« La famille aide l’enfant à développer, en matière d’hygiène et de santé, des attitudes saines et préventives. »

- Rôle de prévention assurée par l’école :

- inscrire les mesures d’hygiène quotidienne dans le règlement intérieur de l’école adopté en conseil d’école.

- développer les échanges dans un climat de confiance et de responsabilité partagées.

- mener des actions spécifiques dans le projet d’école sur l’éducation à la santé.

- établir un lien entre « instruction » à l'hygiène et activités périscolaires.

La santé

« Enseignants, parents et enfants doivent être sensibilisés…/… Les enfants qui ne vont pas aux toilettes lorsqu’ils en ont besoin, ne peuvent pas être attentifs en classe. »

L’association française d’urologie diffuse sur son site (www.urofrance.org) l’accroche porte conseil destiné aux enfants et à leurs parents).

L’accessibilité

L’enquête montre que 40,8% des écoles disposent de sanitaires accessibles aux personnes handicapées. Le décret et les arrêtés d’application pour les EPR de la loi n°2005-102 du 11 février 2005 fixent un certains nombres de normes à respecter lors de la construction ou de la création d’un EPR (article 12), l' ORDONNANCE n°2014-1090 du 26 septembre 2014 - art. 2 indique que les établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant doivent être tels que toute personne handicapée puisse y accéder, y circuler et y recevoir les informations qui y sont diffusées, dans les parties ouvertes au public. L'information destinée au public doit être diffusée par des moyens adaptés aux différents handicaps. Des décrets en Conseil d’État fixent pour ces établissements, par type et par catégorie, les exigences relatives à l'accessibilité prévues à l'article L. 111-7 et aux prestations que ceux-ci doivent fournir aux personnes handicapées. Pour faciliter l'accessibilité, il peut être fait recours aux nouvelles technologies de la communication et à une signalétique adaptée. Les établissements recevant du public dans un cadre bâti existant devront répondre à ces exigences dans un délai, fixé par décret en Conseil d’État, qui pourra varier par type et catégorie d'établissement, sans excéder dix ans à compter de la publication de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

Conclusion

Le sujet des sanitaires à l’école ne doit plus être un sujet tabou, il faut absolument sortir du non-dit et des reproches mutuels entre les différents acteurs pour aborder ensemble localement tous les aspects qui touchent l’hygiène et la santé des enfants et adultes en devenir.

Si la présente étude se rapporte uniquement aux écoles élémentaires, la problématique concerne l’ensemble des niveaux d’enseignement que ce soit les écoles maternelles, les collèges, les lycées et les universités. Aussi est-il nécessaire de sensibiliser l’ensemble des acteurs à cette question de santé qui apparaît primordiale (services de l’État, associations d’élus, élus et services des collectivités, chefs d’établissement, directeurs d’écoles, enseignants et personnels, parents et élèves…)

Toilettes : sortir des tabous

Le problème des sanitaires dans les écoles, les collèges, les lycées et dans le supérieur, est récurent. Le rapport de l’O.N.S confirme, sa conclusion est claire : « il faut absolument sortir du non-dit et des reproches mutuels entre les différents acteurs, pour aborder ensemble localement tous les aspects qui touchent à l’hygiène et à la santé des enfants… »

Les responsabilités dans ce domaine sont partagées, C’est ensemble que nous devons mener une réflexion et faire en sorte que les choses changent sur le terrain : services de l’État, élus et services des collectivités (mairie, conseil général, conseil régional), chefs d’établissement, directeurs d’école, enseignants et autre personnel, personnel d’entretien, ATSEM, médecins, infirmières scolaires, parents et élèves…

Le partage des responsabilités :

- Responsabilités politiques

Écoles primaires

Collèges

Lycées

Locaux

les maires

conseils généraux

conseils régionaux

Personnel*

les maires

conseils généraux*

conseils régionaux *

* des personnels peuvent être sous statut éducation Education nationale et d’autres sous statut fonction territoriale

  • Responsabilités de fonctionnement

Écoles primaires

Collèges

Lycées

entretien

les maires

le directeur

Direction de l’établissement

Direction de l’établissement

Achat des produits *

les maires

Gestionnaire de l’établissement

Gestionnaire de l’établissement

Surveillance**

Enseignants, ATSEM, et autres personnels

Tous les personnels et notamment les personnels de vie scolaire.

Tous les personnels et notamment les personnels de vie scolaire.

* produits d’entretien et fournitures d’utilisation (savon, papier, sèche mains)

* * Sur le terrain, il est de la responsabilité morale de chacun d’intervenir dans les toilettes en cas de besoin.

  • Responsabilités éducatives :

- les parents

- les adultes de l’établissement scolaire

- les enseignants et les ATSEM en primaire

- les personnels pour l’accueil périscolaire et la restauration

- médecins, infirmières scolaires.

- les gestionnaires des lieux appartenant à la communauté éducative

PROPOSITIONS

Mettre en place un groupe de travail piloté par le ministère de l’Éducation nationale, en partenariat avec les collectivités locales, sur l’actualisation des références nationales et départementales en matière d’équipement sanitaire, d’entretien et d’hygiène dans les établissements d’enseignement du 1er degré.

Prendre une disposition pour les établissements d’enseignement en application du décret du 17 mai 2006 portant sur les caractéristiques spécifiques des sanitaires destinés à de jeunes enfants en situation de handicap.

Développer un plan d’éducation à la santé en direction des personnels de santé et des enseignants sur les troubles mictionnels des enfants.

Inscrire dans le règlement départemental des écoles les consignes relatives à la surveillance et à l’hygiène des sanitaires et prévoir une information systématique des directeurs d’école lors des réunions avec les inspecteurs.

Mettre chaque année à l’ordre du jour du conseil d’école un point sur l’hygiène des sanitaires après réalisation d’un état des lieux et des pratiques en veillant à l’implication de toute la communauté éducative et des élèves.

RAPPEL des pathologies liées à la non-fréquentation des toilettes

Pathologies urinaires ;

Infections urinaires et vaginales (Pr AVEROUS)

Incontinence urinaire (Pr PIGNE) ;

9,5% au collège,

Pathologies digestives ;

constipation chronique, douleurs abdominales ; 84,6% des élèves ne vont jamais à la selle au collège

Selon la W.T.O (World Toilets Organization)

Décès de 2 000 enfants par jour, 40 % population mondiale n’a pas accès aux toilettes,

Faire entrer la charte d'Ottawa à l'école, vaste programme

Selon l'Organisation mondiale de la santé - OMS (1946), " la santé est un état de complet bien-être physique, social et mental et ne consiste pas seulement en l'absence de maladie et d'infirmité ".
La charte d'Ottawa (1986) précise qu'une intervention de promotion de la santé signifie que l'on doit :

  • élaborer une politique publique saine et éclairer les responsables sur les conséquences que leurs décisions peuvent avoir sur la santé ;

  • créer des milieux favorables en favorisant des conditions de vie et de travail sûres, stimulantes, plaisantes et agréables ;

  • renforcer l'action communautaire ;

  • acquérir des aptitudes individuelles par le développement individuel et social en offrant des informations, en assurant l'éducation pour la santé et en perfectionnant les aptitudes indispensables de la vie1.

Elle conclut que " pour entrer dans l'avenir : la santé est engendrée et vécue dans les divers cadres de la vie quotidienne : là où l'on apprend, où l'on travaille, où l'on joue et où l'on aime. Elle résulte des soins que l'on s'accorde et que l'on dispense aux autres, de l'aptitude à prendre des décisions et à contrôler ses conditions de vie, et de l'assurance que la société dans laquelle on vit offre à tous ses membres la possibilité de jouir d'un bon état de santé. "
Or, comme le souligne Brigitte Sandrin Berthon, " la santé d'un jeune ne dépend que très partiellement de ses comportements. Elle dépend beaucoup de facteurs génétiques, culturels, socio-économiques mais aussi des conditions de vie qui lui sont offertes à l'école. "2 Or, de nombreux établissements scolaires sont confrontés à ce sujet, tabou s'il en est, des conditions de vie des élèves en matière d'hygiène des sanitaires.
En cohérence avec les circulaires de 1998, une action d'éducation à la santé sur le thème de l'hygiène des toilettes scolaires est concevable ; elle pourrait à juste titre s'inscrire dans le projet d'établissement et être portée par les Comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté. Une démarche participative peut être développée pour amener les élèves d'un établissement à s'interroger sur l'amélioration de la qualité de vie en termes de santé physique ou psychologique (respect du corps, respect de l'environnement et, ce faisant, respect d'autrui), mais l'efficacité de ce type de démarche reste conditionnée par l'implication de tous les acteurs, notamment les adultes, qui peuvent par leurs décisions et les conduites qu'ils adoptent influer sur l'hygiène en milieu scolaire.

1. Ces principes sont actuellement mis en œuvre par des associations telle que la World Toilet Organization (WTO).

Pour l'O.N.S (Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement)

plus d’un tiers des élèves ne fréquentent pas les toilettes des établissements scolaires (2007 et 2013).

Pour l'Association française d’urologie , il est nécessaire d’uriner toutes les 3 heures.

Communiqués de presse

Quand les enfants pourront-ils aller aux toilettes à l’école ? (12 mars 2014)

Maux de ventre, incontinences, infections urinaires, manque d'intimité, manque de propreté, insécurité : pour la FCPE, le constat de l'Observatoire national de la sécurité (ONS) est accablant et inquiétant.

Un scandale que la FCPE dénonce depuis des années ! Et il est inadmissible de voir que ce problème de santé publique n'est toujours pas réglé.

En 2008 déjà, la FCPE avait amené l'O.N.S à lancer une enquête nationale sur ce sujet. Pour la FCPE, cette situation émane d'une responsabilité collective : directeurs d'école, chefs d'établissements, personnels d'entretien, enseignants, collectivités territoriales !

Depuis des années, la FCPE propose des solutions pour qu'il soit mis fin à ce triste constat. L'élaboration d'un cahier des charges déterminant les normes techniques des sanitaires et prenant en compte la conception des locaux, leurs équipements, et les conditions d'entretien et d'hygiène, ne peut plus attendre. Il est également de la responsabilité des adultes de travailler sur cette question avec les élèves au sein des commissions d'éducation à la santé et à la citoyenneté.

La FCPE sollicite ses conseils locaux et ses élus aux conseils d'école et conseils d'administration des collèges et des lycées pour inscrire ce sujet à l'ordre du jour et continuer à dénoncer ce que toutes les enquêtes menées par la FCPE ont démontré.

Elle demande que « l’École bienveillante », inscrite dans la loi de refondation, devienne enfin, au quotidien, une réalité pour les élèves.

Voilà aussi un exemple de charte pour les toilettes :

- Je frappe à la porte avant d’entrer

- Je fais mes besoins dans la cuvette. Si je suis un garçon, je pense à relever la lunette.

- Je prends un peu de papier . Je le jette dans la cuvette.

- Je tire la chasse en appuyant une seule fois.

- Je me lave bien les mains : j’appuie une seule fois pour prendre du savon.

- Je replace l’essuie au crochet lorsque j’ai terminé.

Après mon passage, les toilettes sont impeccables ! J’ai utilisé la poubelle. Le sol et les

murs sont restés propres.

Les toilettes à l’école : une question de santé publique – 29 janvier 2008

La FCPE se félicite qu’un rapport sur l’état des toilettes dans les écoles primaires et de ses conséquences pour la santé des enfants ait enfin été publié.

Ce rapport dresse un certain nombre de constats, que la FCPE Paris et de l’Hérault avaient déjà fait en 2003, et qui confirme ce qu’elle dénonce dans les écoles, les collèges et les lycées : une mauvaise gestion des toilettes.

La FCPE demande depuis des années que la question des toilettes soit traitée comme une véritable question de santé publique !

La FCPE exige de l’Éducation nationale et des collectivités territoriales la mise en place :

- d’une politique d’éducation à l’hygiène impliquant enfants, parents, enseignants et personnels de service et de santé.

- d’une surveillance effective des toilettes ainsi que le contrôle de leur propreté avant chaque récréation.

- d’un cahier des charges, établi en concertation au sein de la communauté éducative, déterminant les normes techniques des sanitaires et prenant en compte la conception des locaux, leurs équipements, et leurs conditions d’entretien et d’hygiène.

- de points d’eau hygiéniques et sécurisés.Elle sollicite ses conseils locaux et ses élus aux conseils d’école et conseils d’administration des collèges et des lycées pour inscrire ce sujet à l’ordre du jour et continuer à dénoncer ce que toutes les enquêtes menées par la FCPE ont révélés

  • les accidents surviennent fréquemment dans les toilettes de l’école,

  • les enfants ressentent de l’insécurité liée à la peur de l’enferment et au voyeurisme,

  • il arrive que l’accès aux toilettes soit par trop réglementé, rigide,

  • l’intimité et la pudeur des enfants sont rarement respectées,

  • les enfants qui se retiennent d’aller aux toilettes à l’école, développent des pathologies (constipation aiguë ou chronique et infections urinaires).

  • le manque d’hygiène liée à la consommation d’eau directement au robinet ou à l’absence de lavage des mains, avant l'accès à la salle de restauration, entraîne un risque accru de gastro-entérites.

  • 22 mai 2014 Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris, une projection intitulé « La santé dans le bâtiment de la crèche au lycée : ATTENTION AUX ENFANTS !

    Consultable au lien suivant ; Présentation PowerPoint - 6_LENOIR_V_Internet.pdf

Facteurs scolaires favorisant la contamination infectieuse ;

Le lavage et l’essuyage des mains est indispensable pour éviter la contamination féco-orale mais 38 % des enfants ne se lavent les mains que parfois, car :

  1. L’eau est trop froide

  2. Les lavabos sont trop hauts (maternelle)

  3. Les boutons pressoirs sont trop «durs»

  4. Pas possible de s’essuyer les mains

  5. Le savon n’est pas fourni

  6. Pas assez de papier hygiénique ou papier posé à terre

  7. Pas de patère dans les toilettes

  8. Le point d’eau pour la boisson est le même que pour le lavage des mains

  9. Les élèves s’essuient la bouche sur le torchon en tissu utilisé pour l’essuyage des mains

La FCPE juge « proprement » inadmissible que les élèves des écoles, des collèges et des lycées fréquentent les toilettes dans des conditions aussi déplorables.

Elle appelle tous les parents d’élèves FCPE, élus aux conseils d’école et aux conseils d’administration des collèges et des lycées, à faire le point de la situation et à engager des réflexions, afin de trouver des réponses adéquates dans la sérénité et dans la durée.

L’alerte forte, exprimée dans le rapport 2007 de l’O.N.S , montre bien que les responsabilités dans ce domaine sont partagées.

Les mairies pour les écoles, les conseils généraux pour les collèges et les conseils régionaux pour les lycées sont concernés, tant pour la conception des lieux, que pour l’équipement et le personnel d’entretien.

L’Éducation nationale devra s’assurer que les membres de la communauté éducative (enseignants, surveillants, médecins, infirmiers, parents) soient plus présents auprès des élèves en termes de surveillance et d’éducation à l’hygiène.

Tous devront, avec les élèves, réfléchir pour trouver les solutions qui permettent de mettre fin à ce scandale.
Cette question de santé publique ne se résoudra pas par incantation médiatique.

Il faut du sérieux, de la persévérance, de l’écoute de la part de tous les partenaires qui ont un rôle à joue

Liens et documents utiles

Le dossier de l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (extrait du rapport 2007) :

ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/ons/sanitaires.pdf

Un dossier sur le site de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) qui retrace l’action de la FCPE dans l’Hérault(dont ce dossier reprend certains éléments) :

http://www.inpes.sante.fr/slh/articles/370/05.htm

Le site de l’Association Française d’Urologie :

http://www.urofrance.org/

De nombreux articles, dont certains reprennent les actions de la FCPE sur ce thème :

http://ecolesdifferentes.free.fr/CACABOUDIN.html

Une projection à la grande Halle de La Vilette en mai 2014 :

Présentation PowerPoint - 6_LENOIR_V_Internet.pdf

Un dossier éloquent et des liens : Sanitaires scolaires-AFPSSU

Article L121-4-1

I. ― Au titre de sa mission d'éducation à la citoyenneté, le service public de l'éducation prépare les élèves à vivre en société et à devenir des citoyens responsables et libres, conscients des principes et des règles qui fondent la démocratie. Les enseignements mentionnés à l'article L. 312-15 et les actions engagées dans le cadre du comité prévu à l'article L. 421-8 relèvent de cette mission.

II. ― Le champ de la mission de promotion de la santé à l'école comprend :

1° La mise en place d'un environnement scolaire favorable à la santé ;

2° L'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation de programmes d'éducation à la santé destinés à développer les connaissances des élèves à l'égard de leur santé et de celle des autres ;

3° La participation à la politique de prévention sanitaire mise en œuvre en faveur des enfants et des adolescents, aux niveaux national, régional et départemental ;

4° La réalisation des examens médicaux et des bilans de santé définis dans le cadre de la politique de la santé en faveur des enfants et des adolescents ainsi que ceux nécessaires à la définition des conditions de scolarisation des élèves ayant des besoins particuliers ;

5° La détection précoce des problèmes de santé ou des carences de soins pouvant entraver la scolarité ;

6° L'accueil, l'écoute, l'accompagnement et le suivi individualisé des élèves ;

7° La participation à la veille épidémiologique par le recueil et l'exploitation de données statistiques.

La promotion de la santé à l'école telle que définie aux 1° à 7° du présent II relève en priorité des médecins et infirmiers de l'éducation nationale.

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